Rien n’est définitif en politique, répondait un homme politique aux journalistes pour justifier ses illimitées relations d’amours, de mariages et de divorces avec divers mouvements politiques de son pays. A nous d’emprunter cette assertion et de la couronner : « rien n’est définitif dans la vie, même la vie n’est pas définitive, mais rien ne presse ». Cette allégation renferme toute sa solidité d’autant  que tout évolue sous le firmament.

Un bébé dont nous avons pris  soin en 2002 est à ce jour un garçon grand d’élagage à nous soutenir à son tour. À moins que toutes fois, il ait  basculé dans les méandres de la  société profonde, surtout si  on ne lui prêtait pas  l’attention nécessaire.

 Alors si nous nous accordons sur le caractère inéluctable de loi de l’évolution, nous  conviendrons que cet enfant, qu’importe la direction qu’il aura prise, n’obéit qu’à ce principe, tout aussi dégagé de sa conception. Il  subit la mutation en fonction de son environnement de croissance.

Ce qui nous conduit à  ces  premières interrogations : pourquoi la loi fondamentale du 20 janvier 2002 qui a l’âge de ce bambin  mentionné ci-sus, échapperait-elle à la même genèse ? Ou est-ce la voix qui la première le constate qui gène ? Les  argumentations ne sont-elles pas assez fondées pour arriver à un pacte ? Quel est le rendement du peuple dans les  manœuvres envisagées ?

En plein cœur d’un débat qui déjà ameute des remous et  ravitaille des échos de toute nature, chacun s’y prête, s’y accommode. De là à faire naitre  la confusion grandeur nature, on y va quelque peu dans tous les sens. ..Mais le juriste hautement éclairé saura nous instruire sur ce qui est de la cadence et de la dissemblance entre l’éventualité d’une modification ou d’un changement, deux vocables qui  conjecturent  un prix fort à quiconque oserait s’y pencher.

Pourtant l’histoire établit à suffisance combien dans notre hémisphère jamais il n’y a eu de malaise à épiloguer sur une quelconque question de l’univers. Ni le verbe, ni la raison  n’ont à ce jour  pu nous faire obstacle  à l’utilité de recourir à des assises en vue de  dialoguer à chaque occasion. Alors pourquoi fixer un prix à  débattre de la mélodie de celle-ci?

Depuis que le disque tourne, il n’est plus question que de la constitution. Libre est donc  chacun d’en fredonner un petit refrain selon ses attentes, usant parfois des bémols de la plus grande sensibilité. Le tout, relève de la liberté de locution que chacun concède aux uns sans toutes fois que ces derniers  produisent  l’ambition d’en proscrire aux autres. Et puis  les représentations fusent. A nous donc d’en épingler à notre tour la chicane.

En s’inclinant  sur  l’évidence de la rubrique, on se demande combien de nos vaillants interprètes  se sont prêtés à la lecture de  la fameuse loi au préalable avant de se lancer à tort ou à raison dans la frénésie du démêlé? Et la grand-mère au village qui  s’est agrippée elle aussi au  sujet par exaltation, aura-t-elle seulement réussi  à comprendre le sens et l’enjeu de la situation?

Si le temps et le ton de la polémique fâchent, l’œil averti aurait vite compris que les dispositions de l’article 86 du «  sésame »  aideraient à apaiser les passions de chaque côté. Là sont inscrites les prescriptions d’arbitrage qui ne font aucune part quant au moment de leur application, aussi leur précaution ne vise le privilège d’aucune figure distinctive. Elles ont juste un caractère indispensable.

Dès lors les arguments ad hominem avancés dans chaque intendance devraient se contenir l’instant  du  fondement d’un compromis lénitif dans  l’intérêt du plus grand nombre, en optant pour une posture de paix et de stabilité, gage du développement auquel nous aspirons tous.

 Sinon à quoi nous servirait le rationnel si à chaque fois il nous faut le détruire pour se refaire ?

Ainsi surgissent nos dernières lamentations : Quel est  donc l’impératif ? Le cas échéant, la conséquence juridique à le faire ou pas ;  aujourd’hui ou dans un siècle ? Dans tous les cas quels impacts en termes d’économie de développement, rengaine de tous les serviteurs (toutes lignes politiques confondues) acharnés  du Congo ?

Ne perdons-nous pas de vue les vraies questions de société en s’attardant sur un texte que même parée d’or ou conservé dans une chambre froide ne s’arrimera peut être jamais  avec le vécu du peuple, lorsque nous savons que même la bible ou le coran qui régissent les valeurs de nos vies de croyants servent plus comme objets de parure que de guide de valeurs morales. Sinon comment expliquer qu’un pays (bien que décrété laïc) à 99% religieux puisse connaitre un taux de corruption aussi élevé et une flambée du goût pour  l’enrichissement personnel régénéré par passage de flambeau d’une génération à une autre ? Si ce n’est pas  que  les préceptes  bibliques ou coraniques sont tous les jours bafouillés, et à combien forte raison un texte élaboré ou contesté par des croyants ?

Serons-nous prêts à sacrifier de nouveau l’avenir déjà hypothéqué en faveur de nos petits égos?

Au nom de  l’amour que nous chantons chaque jour pour ce Congo, n’est-il pas plus judicieux de privilégier le dialogue ?

 Si nous ne respectons ni la bible ou le coran, honorons au moins la quiétude du  peuple qui fait que tout le monde soit. Il est le seul en droit de nous demander des comptes.

Tout ce que nous entreprenons, quelque soit l’optique envisagée n’aura de sens que lorsque cela vise l’intérêt du peuple, sinon il est peut être temps de mettre un terme aux projets politiques élaborés au nom du peuple.

S’il est vrai  que le clientélisme est la  forme de dépravation politique la plus condamnable, il est de même que  la promotion des intentions d’insurrection est doublement blâmable.

La terreur étant l’arme du pauvre, dans une société d’Hommes où les antagonismes sont amis du vécu, favorisons toujours le conciliabule  en toute circonstance, s’il s’agit de l’intérêt commun bien évidemment- car les raisons pour discuter, quoique l’on fasse, il y en aura continuellement sur la terre des vivants-

Que Dieu nous garde !

DDH, 25/02/2015